Délégationde Marseille

Crise sanitaire

Face au confinement, la prière d’Irène

Spiritualité - Témoignage

Nous partageons le texte d’Irène, bénévole à la délégation de Marseille, qui nous livre ici son ressenti, sa réflexion et sa prière face au confinement, comme un message rempli d’espoir.

La Prière d'Irène, par Léa

«  Je suis confinée aux confins du diocèse, dans la campagne, non pas reléguée, je me suis retirée, par la force des choses, par les décrets, qui tombent tous les jours des médias, je suis isolée car tout rapprochement entraînant le contact avec tout être humain est interdit. Car la peste, le choléra, la grippe espagnole, asiatique, le cancer, enfin toutes "horreurs médicales" confondues, en un seul mot comme en mille, le coronavirus est là, insidieux, perfide, improbable, sournois, envahisseur, lui qui rompt toutes relations, qui sépare les couples, les parents des enfants, les amis, qui interdit tout rapport d’affection, qui vide les rues, désertifie les campagnes, met les travailleurs au chômage, engendre la peur, l’angoisse : le coronavirus est là ! Partout !
Alors, moi qui ai de la difficulté à marcher au pas, à obéir aux ordres, à faire profil bas, je suis rentrée en moi-même et me suis dit : « pour moi, je ferai fi de toutes considérations, je tracerai ma voie, je n’écouterai que mes désirs, mes besoins, mes envies et je ne changerai rien à mes habitudes, mais l’autre ? Tous les autres ? À qui il est probablement sûr que je transporterai, incognito, " le monstre, la bestiole, l’envahisseur, le microbe irréductible ", et qui de ce fait seront atteints, malades, et qui peut-être en mourront, et ces sœurs et frères que j’aime tant, par mon inconscience que deviendront-ils ?
Alors toujours en moi-même, mais devant la face du Seigneur Jésus, devant son cœur tendre et compatissant, je suis rentrée au fond du diocèse, au fond de ma maison et de son jardin, au fond de mon cœur égoïste et personnel, et je me suis confinée !
Je suis revenue dans ma campagne, au milieu des fleurs de la grâce du printemps, du soleil, du silence des méditations, du temps suspendu, comme dirait le poète, le temps enfin redonné. Puis, j’ai ouvert les yeux sur ce qui m’entourait, sur celles et ceux qui vivaient dans mon confinement et j’y ai trouvé de la paix, de la joie, de l’amour, dans mes mains que j’ai levées vers toi, Seigneur, j’ai récolté l’infiniment petit, plein d’Espérance pour demain ; La nouvelle lune est là, la terre a été labourée, engraissée, et il est là le temps de semer.
Pendant que je dors, Seigneur, après m’être remise entre tes mains, que le grain lève, dans le silence de la nuit. Peu importe, si je participe à la moisson, ou bien d’autres, pourvu qu’elle soit abondante, que les gerbes dorées couvrent la terre et que sous la mouvance du vent de l’été, les champs ondulent comme vagues au grand large, comme chevelures des enfants enfin libérés.
Bénis-nous Seigneur, et garde nous devant ta face, merci, Notre- Dame-de la-Garde, Notre-Dame-de-Lourdes, Notre-Dame-d’Afrique, notre Mère à tous, priez pour nous.
 » Irène

Imprimer cette page

Faites un don en ligne