Délégationde Marseille

Communiqué de presse

L’exaspération ne doit pas s’affranchir des règles d’un État de droit

Le 27 septembre vers 19 h 30, les familles roms installées à proximité de la cité des Crénaux, quartier Saint-Louis, ont été contraintes par les riverains de quitter précipitamment les lieux en abandonnant une partie de leurs affaires. Après l’évacuation, le terrain a été brûlé pour éviter leur retour. Les autorités publiques ne sont pas intervenues.

publié en octobre 2012

Le collectif associatif en charge de la « question rom » dans les Bouches-du-Rhône dénonce vivement de tels agissements. De plus, il désapprouve les paroles de Mme Samia Ghali [1], sénatrice et maire des XVe et XVIe arrondissements de Marseille, qui dit « ne pas vouloir condamner ces pratiques ». Pour une élue de la République, ces propos sont tout à fait irresponsables. Il est impératif qu’elle prenne conscience de la portée de ses paroles.

La manière de gérer la question des Roms à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, basée jusqu’à présent essentiellement sur une politique d’expulsion, conduit à des situations de détresse humaine dans la communauté rom et entraîne une exaspération des habitants et de graves tensions avec les riverains.

Le collectif rappelle, aux riverains ainsi qu’à Mme Samia Ghali, que dans un État de droit, seul l’État est légitime pour user de la force. En conséquence, il est tout à fait inacceptable, quel que soit le niveau d’exaspération des riverains, que ceux-ci procèdent à des actes d’intimidation et de vandalisme à l’encontre de citoyens européens, sous couvert de laisser-aller de la part des autorités. Nous craignons que cela n’entraîne une grave montée de violence.

Nous rappelons que cette situation d’errance des familles roms venant de Plombières est la conséquence directe de l’absence de mise en œuvre, dans les Bouches-du-Rhône, de la circulaire du 26 août relative à « l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites ».

C’est pourquoi les associations interpellent vivement l’État, en la personne du préfet Alain Régnier, délégué interministériel chargé de ces questions et du préfet de Région, sur leurs responsabilités pour qu’ils mettent enfin en place de manière effective ces dispositions dans notre département. Nous demandons, par ailleurs, qu’une enquête soit menée par le procureur de la République, afin d’éclaircir les conditions de cette expulsion arbitraire qui n’a conduit à aucune interpellation.

Enfin, nous demandons à l’ensemble des responsables politiques des collectivités publiques de prendre une position claire par rapport à ces actes et qu’ils garantissent la sécurité et la santé publique pour toutes les personnes présentes sur le territoire.

Contacts :
Jean-Paul Kopp : 07 86 96 65 22
Eva Schummer : 06 74 76 92 54

Associations signataires :
FAP, Rencontres Tsiganes, Secours Catholique du diocèse de Marseille, Secours Catholique du diocèse d’Aix et Arles, ADDAP13, Pastorale des migrants, Ligue des droits de l’homme, CIMADE, Médecins du monde, CCFD-Terre solidaire, AMPIL.

[1] Édition nationale du journal télévisé de midi sur France 3.

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