Délégationde Marseille

La marche de l’Espérance

Témoignage de Sylvie

Comme chaque année, les marcheurs de l’Espérance 2017 ont repris le chemin de Compostelle, à l’endroit où ils l’ont laissé l’année précédente, pour un parcours de 140 km à pied effectués en sept jours.
Partis de l’Aubrac en 2011, les marcheurs sont arrivés près de Burgos en Espagne. Il reste encore quelque 500 km avant d’arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle !
Sylvie a rejoint ces marcheurs de l’Espérance cette année. C’était pour elle une grande première. Elle est revenue transfigurée et débordante d’un enthousiasme communicatif. Voici son témoignage.

Marche de l'Espérance 2017

« La marche de Compostelle était un véritable défi pour moi, il y a six mois je n’aurais jamais pensé en être capable. J’ai beaucoup hésité avant d’entreprendre la démarche, je craignais de ne pas pouvoir suivre. Mais voilà, j’ai essayé, j’ai participé aux marches d’entraînement et aux rencontres qui ont eu lieu tout au long de l’année.

Le jour du grand départ j’avais encore beaucoup d’inquiétude bien que mon médecin m’ait donné le feu vert. Mais une fois sur le chemin j’ai marché avec beaucoup de plaisir et sans appréhension, j’étais très bien, dans ma tête et dans mon corps. Bien sûr j’ai eu des moments difficiles pendant la marche, des moments où j’avais mal, des montées qui m’ont été très pénibles, mais les rencontres sur le chemin, les partages, le plaisir de faire partie d’un groupe, les encouragements des autres marcheurs, tout cela me portait et j’ai fait mon parcours sans flancher, la joie au cœur.

C’était pour moi une grande première. Mon handicap m’a fait beaucoup hésiter avant de m’engager. J’ai été élevée dans une famille d’accueil et jusqu’à l’âge de 11 ans j’étais en fauteuil roulant. Par moments j’ai des douleurs importantes aux genoux, des problèmes d’équilibre et j’ai besoin de m’assoir. J’ai aussi des problèmes de surdité, cardiaques et circulatoires, mais j’ai une terrible envie de vivre comme les autres. Par moments c’est très dur, ma surdité m’isole dans les groupes, il m’arrive de vouloir me mettre dans un coin et de ne plus bouger, mais ces moments de découragement ne durent pas. J’ai envie de me mêler aux autres, de partager, et c’est cette envie qui me permet de progresser, d’aller toujours un peu plus loin.

J’espère encore faire des progrès et la marche de Compostelle m’a donné un surplus de volonté et d’enthousiasme pour aller de l’avant. Maintenant je sais de quoi je suis capable, je me sens plus forte, je suis fière de moi, et cela me donne encore plus d’envie d’entreprendre. Je suis plus à l’aise dans mon corps, il me paraît moins lourd et j’ai plus confiance en moi. Je sais que je devrai toujours vivre avec mon handicap, mais j’ai repoussé les murs un peu plus loin.

Je veux ouvrir les portes, tout connaître, ne pas m’enfermer dans mon handicap, et c’est ce que la marche de Compostelle m’a aidé à faire. Depuis que je suis rentrée je suis gonflée d’enthousiasme, tout mon entourage m’a trouvée transfigurée. Ultreïa [1] ! »

[1] * Ultreïa est le refrain du chant de ralliement des pèlerins qui marchent vers Compostelle. « Ultre » correspond au latin ultra, « au-delà », et eia traduit un mouvement, on pourrait ainsi traduire Ultreïa par « toujours plus loin » ou « toujours plus haut », à la fois sur le plan physique et spirituel.

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